26 janvier 2012 - No 2130
"The descendants", d'Alexander Payne, avec George Clooney. Hier soir au cinéma. Film superbe, où -- et je partage en cela l'avis de Jean Dujardin -- Clooney se montre un acteur remarquable, à qui l'Oscar irait sans aucun scandale. Tout se passe à Hawaï, avec deux ou trois récits qui s'imbriquent. Clooney est le curateur d'une indivision concernant un coin de paradis, que ses cousins, tous descendants des rois de l'île, veulent vendre. Il est aussi le mari d'une femme sportive dans le coma. Et les choses vont se compliquer, alors qu'il essaie de gérer sa relation avec ses filles. ce n'est pas un film à l'eau de rose, surtout pas. Il a évoqué pour moi la visite récente à l'exposition "Maori", au quai Branly. Le Mana qui s'attache aux choses, aux lieux, aux êtres...
25 janvier 2012 - No 2129
Comme chaque année, Davos accueille décideurs financiers et politiques du monde entier. La France, cette année, y est peu représentée. Il est vrai que le naufrage occupe les esprits. Je ne parle pas de celui du paquebot des croisières Costa, mais du navire élyséen. Je n'ai aucune opposition de principe. Le monde de la finance, tant qu'il reste à sa place et ne se prend pas pour autre chose qu'un outil et un moyen, est utile, y compris pour développer des politiques sociales et solidaires. Mais qu'il s'autonomise, qu'il affiche haut et clair son ambition de faire du fric pour le fric, et que les autres crèvent, et rien ne va plus. Si Davos est un des lieux d'apprivoisement des grands fauves de la finance, Davos est utile.
24 janvier 2012 - No 2128
Je me suis remis à écrire. Cinq nouvelles depuis quelques jours. C'est comme ça, l'écriture. Il faut que ça fermente, il faut que la température monte, que le couvercle finisse par céder devant la pression de la vapeur. Cette fois, il aura fallu près de dix années. Même si, de temps en temps une bulle éclatait à la surface. Dix ans de quasi-silence, s'agissant de ma propre écriture. La fois précédente, cela avait duré sept ans. Je n'ose encore dire que nous en sommes sortis, que c'est bien terminé. Mais je le crois. Il me fallait tout ce temps pour accepter de laisser les manuscrits dans les tiroirs, et pour ouvrir des voies nouvelles. Le temps est venu.
23 janvier 2012 - No 2127
J'écoute en ce moment, au volant, "L'Enfant allemand" de Camilla Läckberg, publié chez Actes sud. C'est mon troisième audio-livre, et pour la troisième fois, le nazisme ou les camps y tiennent un rôle. Comme si c'était seulement maintenant, au moment où arrive la quatrième génération, que la mémoire avait besoin de se renforcer en s'instillant dans la fiction. Pour que les choses deviennent dicibles, qu'elles se rechargent en efficacité imaginaire, comme si la réalité, insupportable, ne se suffisait pas. Il le faut, bien sûr, ce travail de mémoire. Non pas pour que les salauds extrêmistes qui votent à l'extrême droite changent d'avis. Eux regrettent que les choses ne soient pas allées à leur terme ! Mais pour que les autres n'oublient pas que ce qui nous sépare de l'horreur n'a que l'épaisseur d'une feuille de papier de soie... Et que, espérons-le, ils réagissent.
22 janvier 2012 - No 2126
La chaîne parlementaire a eu la bonne idée de diffuser in extenso le superbe discours de François Hollande. Plus qu'un programme, c'est un récit épique dont il a ici posé la trame. Il y a du souffle, il y a de l'espoir, il y a une foi en l'avenir. Tout cela va à l'encontre de la morosité, de la grisaille, du ton pathétique auquel nous sommes soumis. Croire à nouveau au progrès, croire en l'avenir, croire en l'intelligence de l'humanité pour dégager des solutions nouvelles... Quelle belle perspective !
21 janvier 2012 - No 2125
Je termine un livre dont je ne sais que penser : "Perle de Chine", de Anchee Lin. Cette auteure chinoise mèle étroitement une biographie réelle, celle de Pearl Buck (Prix Nobel de littérature, américaine ayant grandi en Chine, dont les livres - proscrits par Madame Mao - sont imprégnés de cette enfance chinoise), et une fiction : celle de son amie d'enfance Saule Yee, qui semble bien ne jamais avoir existé. Ce qui est gênant est que la chose ne soit pas explicitement mentionnée. Sinon, lecteur de Pearl Buck dans mes années d'université, je l'ai dévoré avec passion, et la leçon aà en tirer est qu'il s'agit finalement d'une manière d'Uchronie. A moins que toute fiction historique soit une uchronie ! |