La petite retombée des nouvelles retenues, c'est le travail d'éditeur. Je le pratique moi aussi, il est vrai, mais comme Cyrano, "je me les sers moi-même mais ne tolère pas qu'un autre me les serve" ! Alors, il faut se faire violence, mais ne pas tout abdiquer. je revendique le droit au mal parler, au gauchissement de la langue, à l'aspérité. Ce que nous voulons écrire, c'est de la littérature, et pas de la composition française. Les textes polis, léchés, parfaits ne le sont pas. Ce sont chapons et boeufs, et foutre de la fantaisie ! J'en demande pardon, par avance, à mes relecteurs, je resterai auteur insupportable, même si la joute bien souvent me donne du plaisir !
Second retour positif : "A Christmas Carol", écrit cette semaine, a été retenu aussi pour publication. Plein d'ondes positives, donc. C'est d'ailleurs plutôt une période "nouvelles". Je continue donc à creuser le gisement. je reviendrai au roman quand cela sera mûr. En même temps, je retourne fouiller dans les nouvelles anglo-saxonnes et italiennes que j'ai mises de côté. Il y a de belles choses. En nouvelles russes, hispaniques, aussi. Et je vais sortir un de ces jours des nouvelles indiennes, allemandes, brésiliennes, et autres. Die Welt der Scifi ist bunt ! (Le monde de la science-fiction est multicolore). Et pour répondre aux crétins, Galaxies a déjà publié la chronique d'un roman de science-fiction kenyan traduit en français, et une nouvelle mauritanienne sera dans le prochain numéro, en attendant en effet un dossier Afrique !
Ce qui est assez "excitant", pour l'observateur extérieur que je ne suis évidemment pas, dans la campagne électorale présidentielle, c'est que, après l'entrée en campagne réussie de François Hollande, et un résultat qu'on pourrait croire plié, en réalité, les scénarios alternatifs se multiplent. Et la quasi parité dans les sondages réels de Marine le Pen et Niccolas Sarkozy fait peur, elle aussi. Tout est ouvert, et quand je dis tout, je n'ai qu'à écouter autour de moi, à lire les journaux pour vérifier cette libération des possibles. dans des limites raisonnables, bien entendu. Même en puisant aux tréfonds de mon imagination débridée, je dois dire que j'ai bien du mal à mettre sur pied un scénario qui mettrait Eva Joly au second tour ! Mais bon, tous ces scénarios ne prêtent pas également à sourire...
Heureuse nouvelle pour moi, aujourd'hui : la revue russe "Esli" (ce qui signifie "Si", ou plutôt "Et si") vient de me demander l'autorisation de traduire et publier ma nouvelle "Comment les choses se sont vraiment passées..." avec laquelle j'avais obtenu en 2001 le Prix Infini. Ian Watson avait déjà, il y a deux ans, choisi et traduit avec Sissi Pantelis ce même texte pour son recueil Alternate Histories, chez Mammoth, où j'avais voisiné avec des gens comme Stephen Baxter, james Morrow, Robert Silverberg, Fritz leiber, Frederick Pohl, et d'autres... Et ce soir, je termine la quatrième nouvelle en deux semaines, pour quatre appels à texte... Quand je vous dis que la machine repart !
"The descendants", d'Alexander Payne, avec George Clooney. Hier soir au cinéma. Film superbe, où -- et je partage en cela l'avis de Jean Dujardin -- Clooney se montre un acteur remarquable, à qui l'Oscar irait sans aucun scandale. Tout se passe à Hawaï, avec deux ou trois récits qui s'imbriquent. Clooney est le curateur d'une indivision concernant un coin de paradis, que ses cousins, tous descendants des rois de l'île, veulent vendre. Il est aussi le mari d'une femme sportive dans le coma. Et les choses vont se compliquer, alors qu'il essaie de gérer sa relation avec ses filles. ce n'est pas un film à l'eau de rose, surtout pas. Il a évoqué pour moi la visite récente à l'exposition "Maori", au quai Branly. Le Mana qui s'attache aux choses, aux lieux, aux êtres...
25 janvier 2012 - No 2129
Comme chaque année, Davos accueille décideurs financiers et politiques du monde entier. La France, cette année, y est peu représentée. Il est vrai que le naufrage occupe les esprits. Je ne parle pas de celui du paquebot des croisières Costa, mais du navire élyséen. Je n'ai aucune opposition de principe. Le monde de la finance, tant qu'il reste à sa place et ne se prend pas pour autre chose qu'un outil et un moyen, est utile, y compris pour développer des politiques sociales et solidaires. Mais qu'il s'autonomise, qu'il affiche haut et clair son ambition de faire du fric pour le fric, et que les autres crèvent, et rien ne va plus. Si Davos est un des lieux d'apprivoisement des grands fauves de la finance, Davos est utile.
24 janvier 2012 - No 2128
Je me suis remis à écrire. Cinq nouvelles depuis quelques jours. C'est comme ça, l'écriture. Il faut que ça fermente, il faut que la température monte, que le couvercle finisse par céder devant la pression de la vapeur. Cette fois, il aura fallu près de dix années. Même si, de temps en temps une bulle éclatait à la surface. Dix ans de quasi-silence, s'agissant de ma propre écriture. La fois précédente, cela avait duré sept ans. Je n'ose encore dire que nous en sommes sortis, que c'est bien terminé. Mais je le crois. Il me fallait tout ce temps pour accepter de laisser les manuscrits dans les tiroirs, et pour ouvrir des voies nouvelles. Le temps est venu.
23 janvier 2012 - No 2127
J'écoute en ce moment, au volant, "L'Enfant allemand" de Camilla Läckberg, publié chez Actes sud. C'est mon troisième audio-livre, et pour la troisième fois, le nazisme ou les camps y tiennent un rôle. Comme si c'était seulement maintenant, au moment où arrive la quatrième génération, que la mémoire avait besoin de se renforcer en s'instillant dans la fiction. Pour que les choses deviennent dicibles, qu'elles se rechargent en efficacité imaginaire, comme si la réalité, insupportable, ne se suffisait pas. Il le faut, bien sûr, ce travail de mémoire. Non pas pour que les salauds extrêmistes qui votent à l'extrême droite changent d'avis. Eux regrettent que les choses ne soient pas allées à leur terme ! Mais pour que les autres n'oublient pas que ce qui nous sépare de l'horreur n'a que l'épaisseur d'une feuille de papier de soie... Et que, espérons-le, ils réagissent.
22 janvier 2012 - No 2126
La chaîne parlementaire a eu la bonne idée de diffuser in extenso le superbe discours de François Hollande. Plus qu'un programme, c'est un récit épique dont il a ici posé la trame. Il y a du souffle, il y a de l'espoir, il y a une foi en l'avenir. Tout cela va à l'encontre de la morosité, de la grisaille, du ton pathétique auquel nous sommes soumis. Croire à nouveau au progrès, croire en l'avenir, croire en l'intelligence de l'humanité pour dégager des solutions nouvelles... Quelle belle perspective !
21 janvier 2012 - No 2125
Je termine un livre dont je ne sais que penser : "Perle de Chine", de Anchee Lin. Cette auteure chinoise mèle étroitement une biographie réelle, celle de Pearl Buck (Prix Nobel de littérature, américaine ayant grandi en Chine, dont les livres - proscrits par Madame Mao - sont imprégnés de cette enfance chinoise), et une fiction : celle de son amie d'enfance Saule Yee, qui semble bien ne jamais avoir existé. Ce qui est gênant est que la chose ne soit pas explicitement mentionnée. Sinon, lecteur de Pearl Buck dans mes années d'université, je l'ai dévoré avec passion, et la leçon aà en tirer est qu'il s'agit finalement d'une manière d'Uchronie. A moins que toute fiction historique soit une uchronie !
Comme disait Pierre Dac : "Quand les bornes sont franchies, il n'y a plus de limites..." Et appliquée à la connerie, cette lapalissade se vérifie hélas tous les jours ! Ainsi, le Préfet des pays de Loire aurait demandé au Président de l'Orchestre national de justifier le recrutement d'une violoniste solo de nationalité coréenne, de préférence à une française. En fait, les bornes ne sont pas franchies : elles sont pulvérisées, mur du çon (comme dit le Canard) à l'appui. Et d'ailleurs, c'est vrai : achetez français, bande de mauvais citoyens qui écoutez des groupes étrangers, voire des compositeurs classiques allemands ou autrichiens, qui allez voir des films de Clint Eastwood, qui lisez des livres de SF écrits par des anglo-saxons ou même des russes, qui mangez du Couscous, qui allez visiter l'exposition Munch à Beaubourg, daignez regarder des tableaux de Picasso, Dali, Pollock ou Liechtenstein... Qui a dit "Pauvre France " ? (Et d'abord, Molière, on en a la preuve, qu'il était bien français ? Que dit l'ADN ?)
19 janvier 2012 - No 2523
Longue rencontre ce matin avec des partenaires brésiliens. le Brésil est comme une planète lointaine, qui se développe et se structure, sortant à grande vitesse du sous-développement avec des choix économiques non orthodoxes, et prenant soudain sa place dans le concert des grands pays. C'est aussi, pour le fun, le pays avec lequel la France a la plus longue des frontières terrestres communes, en pleine forêt amazonienne. Je parle de planète, parce que beaucoup de lecteurs de ce blog sont amateurs de SF, mais aussi parce que j'imagine que cela pourrait être ainsi : allez au Brésil, en Bolivie, en Equateur, etc, et vous découvrirez une histoire nationale dont vous ne connaîtrez aucun des personnages, sinon peut-être Bolivar, ou San Martin si vous êtes de Boulogne/mer, avec des traditions, une poésie, des vestiges... Et vous, vous êtes l'extra-terrestre...
18 janvier 2012 - No 2522
Imaginez-vous qu'il y aura peut-être un jour des commandants de vaisseaux spatiaux qui s'écraseront sur un planétoïde qu'ils auront voulu frôler juste pour faire plaisir à un de leurs membres d'équipage, et qui s'éjecteront les premiers en laissant les passagers en détresse... Et que si vous l'écriviez aujourd'hui, il y en aurait pour dire que ce n'est pas crédible... Autre chose, un certain Thomas D... (par charité, nous ne le citerons pas) estime qu'une nouvelle écrite en quelques heures par Alain le Bussy ne peut donc pas être bonne, car trop vite écrite. L'ignare ! Je lui renvoie ce que disait Picasso à ce cuistre qui lui discutait la valeur d'un dessin tracé en une minute : " Pas en une minute, Monsieur, en 70 ans et une minute..." Comme disait Brassens, en une autre occasion, le temps ne fait rien à l'affaire...
17 janvier 2012 - No 2521
Je me souviens de ce petit matin de 2002. J'étais depuis peu à mon bureau quand l'adjoint du commandant de la brigade de gendarmerie m'a appelé pour m'informer de la découverte du véhicule accidenté et vide d'une jeune banquière de Péronne. Quelques heures plus tard, le corps martyrisé d'Elodie Kulik était découvert, et l'affaire devenait judiciaire. Je ne me suis jamais senti aussi impuissant que devant les parents ravagés par la douleur de cette jeune femme. Depuis, j'attendais. Et aujourd'hui, pour la première fois, je comprends le soulagement des proches, quand on arrête l'assassin, ou même qu'on l'identifie. L'horreur est certes toujours là, mais la porte peut enfin se refermer sur elle…
16 janvier 2012 - No 2520
Passage sur la grand place de Bruxelles, hier soir : les façades opposées de l'hôtel de ville et de la maison du Roi sont des dentelles de pierre. La porte de celle de l'Hôtel de Ville est légèrement décentrée. je ne m'en étais jamais aperçu avant qu'on me le dise. Il paraît que, voyant cela, l'architecte monta au plus haut étage du beffroy et se jeta sur le pavé. La porte n'en fut pas redressée pour autant, pas plus que l'épée passée au fil du ventre de Vatel ne fit arriver plus vite la marée ! Mais après tout, qui se souviendrait de Vatel, sans cela ? Quant à l'architecte, Voghel ou Van Ruysbroek, c'est sans doute une légende, mais elle est digne d'être rapportée !
15 janvier 2012 - No 2519
Après-midi à la Cartoucherie de Vincennes, où le Théâtre du Soleil accueille la troupe du TAF théâtre dans une pièce d'Odon von Horvath : Légendes de la forêt viennoise. En dehors de la mise en scène excellente et des acteurs, qui ne le sont pas moins, une pièce intéressante : Horvath l'a écrite en 1930, à Vienne. Quelques années auparavant, il avait fait le coup de poing avec les fondateurs du NSDAP, nervis d'Hitler, et cela a dû jouer un rôle dans la mise à l'index, et donc au feu, de ses livres en 1933, quand les nazis ont pris le pouvoir. Horvath a eu une mort étrange : à 37 ans, passant à Paris devant le théâtre Marigny, une branche arrachée par un coup de vent soudain l'a tué. Il faut penser à cela avant de voir sa pièce : il n'a connu ni l'holocauste, ni même la guerre, mais déjà il annonçait en 1930 ce futur sans espoir... L'enfant du pêché meurt. "Maintenant que les choses s'arrangent" commente l'amoureux transis, abatteur de porcs de son état...
14 janvier 2012 – No 2518
Eh bien voilà, c'est fait : le triple A est perdu. Comme des petits enfants devant un maître abusif, les Etats ne peuvent que courber la tête, et subir… Je persiste à croire que cette période de l'histoire, qu'on pourrait qualifier de « gouvernement mondial des agences », ne sera pas durable. Ce qui est intéressant, c'est que cette fois les dites agences assortissent leur décision d'un commentaire reprochant aux pays de la zone Euro d'avoir manqué d'imagination en ne répondant que par la rigueur. Ce qui ne l'est pas, c'est que nous ne sommes pas encore au bout du tunnel !
13 janvier 2012 – No 2517
Marine le Pen monte dangereusement dans les sondages. C'est à désespérer de la démocratie, du moins de cette démocratie qui se donne des règles du jeu en forme de balle dans le pied, comme cette règle stupide des deux candidats en tête au premier tour seuls retenus pour le second. En fait, on doit bien s'apercevoir que cela permet tous les scénarios de contournement de la volonté populaire. Il va falloir bien un jour envisager la sixième république !
12 janvier 2012 – No 2516
En rentrant de Paris, j'ai fini la lecture (ou plutôt l'audition) du « Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates ». Un passionnant roman épistolaire, qui raconte avec humour, et sur un ton léger, l'occupation allemande de Guernesey. Cela en tous cas passe très bien en audio-livre, genre de support dont les français qui passent pourtant de longues heures en voiture n'ont pas encore compris tout le charme !
11 janvier 2012 - No 2515
Guéant se gargarise de ses 32000 expulsions, place un nouvel objectif à 35000, revient à la charge pour rejeter les étudiants étrangers formés en France, hors de toute logique économique, d'ailleurs, se réjouit de la baisse du nombre de naturalisations, chiffre qui devrait au contraire nous navrer, puisqu'il signifie que notre pays est devenu moins attirant. Guéant est malfaisant, c'est un doctrinaire, c'est le criminel contre l'humanité que l'histoire, je l'espère, fera un jour de lui et de tous ses semblables !
10 janvier 2012 - No 2514
Nous attendons la livraison du quinzième Galaxies. Il devrait arriver en début d'après-midi, droit depuis l'imprimerie. Le temps de mettre sous enveloppes et de laisser la Poste venir en prendre livraison, vous le recevrez la semaine prochaine ! Un grand dossier sur Charles Stross, avec une nouvelle spin-off du cycle de la Laverie, des nouvelles inédites de Philippe Curval, Leonid Kaganov, Camille Alexa et Yann Minh, les rubriques et les fiches de lecture. Si vous avez oublié de vous réabonner, c'est le moment !
9 janvier 2012 - No 2512
·Au musée du quai Branly, trois expositions temporaires à ne pas manquer : les superbes armures de Samouraï, des pièces uniques et rares, magnifiques, et parfois surprenantes, comme ce casque du XVIè siècle qui reprend à s'y méprendre la forme du crâne d'Omer Simpson ; "L'invention du sauvage", intéressant surtout par l'étude historique du basculement de l'autre en inférieur, et l'exposition Maorie qui explique bien les valeurs de ce peuple. Je me suis retrouvé dans cette notion de Mana chargeant les objets ancestraux. "Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?" s'interrogeait déjà Lamartine...
Aller-retour pour Bruxelles, ce soir. J'aime l'autoroute, la nuit, l'habitacle fragile et protecteur pourtant, le froid au dehors, lointaines, les lumières des villes. cette impression d'hors-du-monde. Le temps soudain lisse et qui s'étire à la mesure du roulement des pneus, chuintement rassurant, régulier. Et bondir à travers les univers...
"Julian, apostat, fugitif, conquérant"... Je suis entré depuis quelques jours dans le roman de Robert Charles Wilson. Celui-ci est publié chez Denoël, mais pas dans une collection de science-fiction, et c'est très bien, car cela n'empêchera pas les lecteurs non fans d'aborder et cet auteur, et ce roman. Celui-ci se situe dans une Amérique de la grande régression, après la fin du Pétrole. Un beau récit épique, dont Eric Vial parlait bien dans Galaxies 14. Je me demande seulement pourquoi avoir gardé le prénom Julian, plutôt que de le traduire par Julien, car personne n'associe spontanément en France Julian et apostat... Mais il est vrai que qui se souvient encore que le successeur de Constantin II fut Julien l'apostat ?
Interview de Marine le Pen, ce matin sur France-Info. Parlant de Sarkozy, elle veut citer de Gaulle, et donc de lancer « Comme aurait dit le général de Gaulle - « Français, vous avez la mémoire courte… » ; seul petit problème : ce n'est pas le héros de la France libre qui avait prononcé ces paroles, mais un maréchal de France, en 1940, en « faisant don au pays de (sa) personne ».Marine le Pen citant Pétain dans le texte, si ça ce n'est pas de l'acte manqué particulièrement révélateur !
5 janvier 2012 – No 2509
J'ai été prof en lycée et collège, dans une incarnation antérieure. Agrégé, j'avais une obligation de service de 15 heures, mais entre la préparation de mes cours, la documentation nécessaire (prof de sciences naturelles, je dépouillais une revue chaque semaine, l'autoformation à l'informatique (c'était au début des années 1980, la préparation de mes cours (si si, je n'ai jamais réutilisé deux fois les mêmes sans tout repenser), celle des expériences et les corrections, auxquels s'ajoutaient les conseils de classe, les réceptions des parents, etc. j'avais calculé que je consacrais en moyenne 48 heures par semaine à mon travail… Alors, quand j'entends un Président foncer dans la démagogique dénonciation masquée des enseignants qu'il faudrait obliger à travailler ! Forcément, ça énerve…
4 janvier 2013 – No 2508
Je viens de terminer l'audition-lecture du « Rapport de Brodeck », de Philippe Claudel. Beau livre, où l'auteur raconte des histoires terribles, assez précisément pour qu'on identifie sans erreur la terreur nazie et les camps de la mort, mais de manière assez imprécise aussi pour que cela fut reçu comme une fable, un conte. La fin même joue ici dans le sens de cette interprétation. Ainsi, ce qu'il dit en prend curieusement davantage de force, pour n'être pas d'emblée reçu comme rapport historique. On écoute donc ces récits de la barbarie comme on lit le Petit-Chaperon rouge, en n'y croyant pas assez pour tout reposer en le mettant mentalement à distance, mais suffisamment toutefois pour que cela reste plausible, et qu'on se souvienne bien de se méfier du loup…
3 janvier 2012 – No 2507
L'Euro a dix ans. L'anniversaire est pour le moins discret. On fera davantage de bruit, dans quelques jours, autour de celui de jeanne d'Arc, puissant symbole républicain. Notez bien que Euro en danger ou jeanne au Bûcher : même combat : les anglois, faute d'être boutés (hors de France ou hors de l'Union européenne), ne sont pas les derniers à y bouter le feu !
2 janvier 2012 - No 2506
Les élections ne sont pas un jeu, mais la théorie des jeux peut s'y appliquer pour définir des scénarii entre les 4 probables finalistes virtuels. Sauf crise internationale grave, toujours possible, le plus probable est un second tour Sarkosy - Hollande et une élection de Hollande au second tour. Mais ce qui est intéressant, c'est d'imaginer un second tour entre l'un des deux et un des deux autres. Si la Le Pen arrivait au second tour devant n'importe lequel des deux candidats favoris, elle serait battue à tous les coups, mais le vainqueur aurait un beaucoup moins bon résultat que Chirac en 2002. Si c'était Bayrou, dans tous les cas de figure, il serait élu, soit avec le soutien des voix de gauche contre Sarkozy, soit avec celui des voix de droite contre Hollande. Il y a d'autres scénarios, mais je les garde pour moi, de peur de donner de mauvaises idées à certains !
Je commence l'année en beauté, avec trois BD de Tardi, d'après Manchette, que je dévore l'une après l'autre. "La position du tireur couché", Ô dingos, ô chateaux" et "le petit bleu de la côte ouest". Les deux écritures se complètent à merveille, efficacité garantie : ça percute, ça saigne, ça te laisse commencer à désespérer de l'humanité, et puis, soudain, l'humanité, tu la retrouves, surnageant au fond du trou. Ah oui, j'oubliais : bonne année à tous, meilleurs voeux !
Chaque jour, le directeur de publication de Galaxies et de Géante rouge vient commenter l'actualité, parler de ses lectures ou de ses voyages, ou de tout ce qui peut lui passer par la tête ! Cela a commencé le 25 février 2005.